6.5.08

REVUE DE PRESSE mai 2008

ELLE
SPINOZA, QUEL CINEMA !
C'est écrit par qui ?
Ollivier Pourriol. Ce jeune agrégé de philo organise depuis trois ans les séances de Ciné-Philo, où il explique les grands penseurs à l'aide de films connus. Ça se passe le lundi soir au MK2 Bibliothèque, à Paris, et ça connaît un succès fou.

Ca parle de quoi ?
« Cinéphilo », le livre, reprend les cours donnés par Pourriol. Le résultat est époustouflant. L'auteur arrive, par exemple, à rendre compréhensible Spinoza, l'un des philosophes les plus compliqués du monde, en s'appuyant sur des films comme « American Beauty », « Fight Club » ou « X-Men » !Il montre « comment gagner en joie », un concept cher à Spinoza, en suivant l'évolution du personnage de Lester dans « American Beauty ». Il fallait le faire.Mais Pourriol est un grand pédagogue, un professeur d'un nouveau genre, armé d'un projecteur et d'une télécommande. C'est pour ça que les élèves de terminale se précipiteront aux séances de CinéPhilo spécial bac qu'il organise en mai.

Ca nous apporte quoi ?
Plein de choses. Car Pourriol a choisi d'illustrer deux penseurs, Descartes et Spinoza, qui n'ont cessé de réfléchir à notre amélioration morale. Donc à notre bonheur. Comment devenir soi-même ? Comment s'éloigner des passions tristes ? Comment passer de « passif » à « actif » ? En décrivant les passions humaines, ces philosophes ont utilisé un langage abstrait,très hermétique. Avec ses exemples tirés de blockbusters, Pourriol donne un poids concret à leur pensée, qui nous paraît tout d'un coup lumineuse et diablement actuelle. Il n'est pas exagéré de dire que ce livre est un « traité du bonheur » de première importance. En tout cas, nous, on le relit sans relâche !

PATRICK WILLIAMS
« Cinéphilo », d'Ollivier Pourriol (Haute Tension-Hachette Littératures, 402 p.).Programme sur http://www.cine-philo.fr/

PARIS MATCH
BRAD PITT ET SPINOZA MEME COMBAT

La philosophie n'est pas une discipline coupée du monde, cloisonnée dans son langage et ses dogmes, austère et monacale, dévitalisée. Elle garde au contraire cet impératif : rester connectée au présent, permettre de comprendre le monde, la société, les problèmes contemporains. C'est dans ce sens que va la nouvelle collection « Haute tension » lancée récemment par Hachette et dont vient de sortir le deuxième livre, « Cinéphilo », d'Ollivier Pourriol : faire rimer philosophie et aujourd'hui. L'essai de Pourriol contient en fait deux livres en un, le premier sur Descartes, le deuxième sur Spinoza. Ces auteurs n'ont pas dit leur dernier mot. Par le prisme de dizaines de films des trente dernières années, de Truffaut à « Fight Club », Pourriol redonne de la vie, de la force et de l'actualité aux grandes questions éternelles de Descartes et Spinoza (par exemple faut-il soigner ses passions ou se soigner par elles ? Comment devenir soi-même ? Y a-t il un bon usage de l'imagination ?) Son ouvrage est à la fois riche et clair, exigeant et accessible. Entre le manuel de philosophie et le livre de cinéphilie, il invente ainsi de nouveaux cahiers du cinéma.

TECHNIKART
C'EST QUI ?
Agrégé de philo et romancier, Ollivier Pourriol a lâché l'enseignement en lycée pour devenir le pédagogue lumineux de Descartes ou Spinoza dans la salle obscure d'un cinéma du XIIIe arrondissement.

C'EST QUOI ?
L'idée de «Cinéphilo» : et si le projet d'établir une Raison commune avait trouvé dans l'universalité du cinéma la possibilité de se réaliser? Bref, «Matrix» n'illustre-t-il pas le «doute» cartésien ?

C'EST COMMENT ?
C'est très réussi. Pourriol parvient à faire rentrer le béotien dans « le Discours de la méthode » avec style et sens de l'à-propos et nous ouvre aux affres du désir en suivant les androïdes de «Blade Runner».

PLAYBOY
Des livres qui se font tout un film
PAR FREDERIC BEIGBEDER

Le cinéma ne cesse de piller, exploiter, débaucher, trahir la littérature. Tous les grands films sont d'abord de grands livres que les cinéastes pressent comme des citrons. Alors parfois, en guise de renvoi d'ascenseur, les livres parlent du septième art.

Cinephilo d'Ollivier Pouriol (Hachette Littératures)
L'idée est amusante : réviser nos connaissances sur Descartes et Spinoza à travers les grands films américains. Cet essai d'un normalien, agrégé de philo, rassurera les amateurs de cinéma commercial : non vous n'êtes pas débiles, au contraire en matant des blockbusters vous réfléchissez sur la vérité, la volonté, la liberté. Par exemple, Blade Runner de Ridley Scott est un film sur la différence entre un humain et un non-humain, Le Village de Night Shyamalan distingue entendement et volonté,American Beauty réfléchit sur le passage de l'admiration à la générosité, Matrix questionne notre doute ontologique. Une seule critique : Pourriol affirme que Descartes a inventé le cinéma en 1634 à Amsterdam, or tout lemonde sait que c'est Platon avec son mythe de la caverne (les ombres de la réalité projetées sur les murs de la grotte, c'était la première projo privée!)

LE FIGARO
La philo par les films
Cinéphilo d'Ollivier Pourriol

On peut être normalien, agrégé de philosophie et se rendre accessible au plus grand nombre. Et ce n'est pas un mince exploit que réussit Ollivier Pourriol avec ce Cinéphilo. Son idée ? Il nous offre de très belles leçons de philosophie en appuyant sa démonstration sur des exemples de grands films. D'apparence complexes, les théories des penseurs, illustrées par des scènes ou des dialogues mémorables, deviennent ainsi plus claires et plus concrètes. Des exemples ? L'auteur établit un rapprochement entre la jeune femme aveugle du Village de Night Shyamalan et Le Discours de la méthode. Rappelons que cette femme, au risque de provoquer un malheur, ose franchir les frontières du village dans le but de trouver le remède à la maladie de son amoureux. Chez Descartes, nous dit Pourriol, cela donne : « Quand l'entendement ne peut fournir de clés, c'est à la volonté de donner la résolution nécessaire pour mener une action. »

On vous conseille aussi les savoureuses pages sur le Traité des passions (Descartes encore)expliqué via American Beauty. C'est superbe. Il y a la question de l'immortalité soulevée avec Highlander (l'immortel ignore sa vraie nature). Ou, encore, Sixième Sens qui illustrerait les propos de Spinoza sur la conscience et la perception. Ollivier Pourriol fait référence à de nombreux longs métrages (Matrix, Fight Club, X-men, Blade Runner, Forrest Gump, Cet obscur objet de désir...). Et, avouez-le, quand on a la chance d'avoir des profs comme Brad Pitt, Carole Bouquet, Bruce Willis, Tom Cruise ou Annette Bening, on a tout de suite envie de comprendre. Un livre d'intérêt public.

MOHAMMED AÏSSAOUI

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